Tout savoir sur les cordes !

  • La qualité des cordes
  • Sortes de cordes : quel corde choisir
  • Maniement : conseils pratiques
  • Durée de vie des cordes en fonction de l'utilisation, entretient de la corde
  • Les normes

Suivez le guide : les cordes (doc mammut)

 

Le tableau suivant donne des valeurs de référence pour la durée de vie d'une corde.

 

Fréquence d'utilisation Durée de vie approximative

Jamais utilisée

10 ans maximum
Rarement utilisée: une ou deux fois par an jusqu'à 7 ans
Utilisée occasionnellement: une fois par mois jusqu'à 5 ans
Utilisée régulièrement: plusieurs fois par mois jusqu'à 3 ans
Souvent utilisée: chaque semaine jusqu'à 1 an
Constamment utilisée: presque quotidiennement Moins d'un an

 

 

 

 

 

Dérouler la corde – la première fois

Lors de la fabrication traditionnelle (sans «Lap Coiled»), la corde est enroulée sans vrilles sur un tambour. Elle sera également livrée dans cet état enroulé. Il faut donc la dérouler avant la première utilisation, sinon des vrilles désagréables se produiraient. Pour ce faire, on défait le laçage de la corde et on passe les deux avant-bras en les croisant dans le rouleau de la corde. Sous constante traction vers l’extérieur, on exerce un mouvement rotatif avec les avant-bras, de sorte que le bout de la corde glisse par terre. On veillera à ce que le deuxième bout de la corde ne s’enroule pas autour d’un poignet en gênant la rotation. Après avoir été dévidée, on peut encore passer la corde deux ou trois fois dans les mains, mètre par mètre, en le secouant légèrement afin de supprimer d’éventuels boucles. En effectuant ces manoeuvres sur le sac à corde ou dans l’appartement, on protégera sa corde dès le début de toute salissure inutile. Après quoi, la corde sera pliée pour le transport ou rangée dans un sac à corde. 

Sac à corde

protection et transport en même temps. 
En escalade sportive, le sac à corde constitue le meilleur moyen pour transporter aisément la corde, tout en la protégeant de la saleté et en la tenant prête à l'emploi. Le bout de la corde est noué dans une des boucles du sac à corde, puis on dispose la corde librement mètre après mètre sur la toile du sac. L'extrémité se trouvant dessus peut donc se dégager sans accroc et sera utilisée pour la montée en tête; pour le transport, on la fixera dans la deuxième boucle du sac. Effet secondaire mais utile du sac à corde: pour autant que l'extrémité de la corde soit fixée correctement, par exemple par un noeud simple, elle ne peut pas s'échapper par mégarde lorsque que l'on fait descendre le grimpeur en moulinette – malheureusement une cause fréquente d’accident en escalade sportive. 

Gestion de la corde au relais

Il est important de ne pas laisser pendre la corde en boucles sous le relais, surtout en cascade, mais également dans les courses alpines rocheuses et par fort vent, car cellesci pourraient s’accrocher derrière des blocs de rocher ou des glaçons. Les spécialistes disposent la corde en boucles une fois à droite, une fois à gauche par-dessus leur auto-assurage, la cuisse ou le pied, en la gardant ainsi en permanence sous contrôle. Si c’est le même grimpeur qui poursuit en tête dans la longueur suivante, il faut alors repasser la corde entièrement afin qu’elle se déroule proprement vers le haut. 

Temps de récupération après une chute

Après une chute en escalade sportive, la corde tirera profit d'un moment de repos. Suite à une forte sollicitation par une chute dure, il faudra accorder à la corde un temps de repos et si possible intervertir les extrémités. Ainsi, les fibres synthétiques étirées par la chute pourront se régénérer – la durée de vie sera sensiblement augmentée. On peut également ménager la corde, lors du travail intensif d'une voie, en se fixant après une chute directement dans le piton au lieu de rester suspendu dans la corde.

Disposition de la corde

Un mousquetonnage réfléchi de la corde minimise le frottement et ménage en même temps les nerfs. Dans la mesure du possible, la corde ne devrait pas passer sur des angles vifs et rugueux, dans des fissures ou derrière des blocs; elle risque de se coincer, subit une forte usure et pourrait être cisaillée lors d'une chute. Les assurages intermédiaires placés habilement aident à éviter ces écueils. Il est recommandé de mousquetonner les points d'assurages considérablement éloignés de la ligne d'escalade à l'aide de longues sangles. Si la disposition de la corde ne peut pas être rectifiée suffisamment par ce moyen, on peut recourir à la technique de la corde double – en particulier dans les voies en «terrain d’aventure», telles qu’on les rencontre en Angleterre, par exemple.

La corde raccourcie

Pour de brefs passages faciles exempts de danger de chute, on peut raccourcir la corde pour le transport en anneaux sur l’épaule. Pour ce faire, chaque partenaire de la cordée place autant d'anneaux que désiré sur l'épaule, en fixant le paquet d'anneaux avec un tour de la corde, terminé par un noeud de guide, que l'on réassure ensuite avec un mousqueton à vis dans le point d'encordement. En négligeant cette précaution, les anneaux pourront se resserrer en cas de chute et étrangler le grimpeur. Pour défaire la réserve, on l’enlèvera anneau après anneau de l'épaule afin d'éviter la formation de vrilles et de noeuds. Parcourir des passages difficiles en marchant ensemble «à la corde raccourcie» est une technique réservée aux guides de montagne, avec des possibilités d'application restreintes, qui cache cependant un danger mortel pour les amateurs. Pour eux, la devise est: assurer correctement ou alors marcher sans cord

Le rappel

Dans les rappels en terrain étagé ou par fort vent, il y a un risque que la corde lancée complètement traîne ou s'accroche quelque part; en la pliant sans précision avant le lancement, des noeuds peuvent se former facilement. Pour l'éviter, mais aussi lors d'un rappel en oblique, il peut s'avérer plus avantageux de faire descendre le partenaire en rappel passif. Si, en cas d'urgence, on utilise le demi-noeud d'amarre pour le rappel, il faut tenir les brins de corde en parallèle afin d'éviter la formation de vrilles.

La cordée à trois

Les courses plus longues sont souvent effectuées en cordées à trois. Le grimpeur de tête assure alors les deux suiveurs en même temps. Si l'on utilise pour cela deux cordes à simple, le grimpeur de tête ne doit en aucun cas mousquetonner les deux brins parallèlement dans les assurages intermédiaires. Sinon, une force de choc dangereusement élevée pourrait se produire. Pour la cordée à trois, on peut également utiliser des cordes à double, mais jamais des cordes jumelées.

Rappeler (retirer) la corde

Le brin avec lequel on veut retirer la corde devrait se trouver du côté du rocher dans l’ancrage, afin d’éviter que son extrémité ne soit coincée par l’anneau lorsqu’il appuie sur le rocher.

Plier la corde

Une fois à gauche, une fois à droite; On plie une corde (autrefois: rouler une corde) pour permettre son transport sans sac à corde. Afin d’éviter la formation de vrilles, la méthode du «Lap Coiling» est recommandée. Il est sans importance si la corde est saisie à double à partir du milieu ou par les deux bouts, ou encore en brin simple à partir d’un bout. De même si l’on récolte le faisceau de corde naissant dans une main, sur la nuque ou sur les cuisses en position assise. Ce qui est décisif, c’est de ne pas enrouler la corde sous forme d’anneau, mais en boucles tombant en alternance à gauche et à droite. Une fois toute la corde pliée, on saisit le faisceau en son milieu et on l’entoure quelques fois avec le reste de la corde d’une à deux longueurs de bras. Puis on enfile une boucle de la corde dans l’oeil ainsi créé, on coiffe la tête de la poupée et on resserre la boucle. En appliquant cette méthode avec les deux bouts de la corde, on pourra porter la poupée de corde sur le dos tel un sac à dos. Lors de la prochaine utilisation de la corde, on se prémunira contre une «salade de corde» en déposant à nouveau les boucles de la corde une à une et éventuellement en faisant passer toute la corde dans les mains.

 

Eviter les détériorations de la corde

La corde est un objet d'utilisation. Toute utilisation entame sa longévité. A un certain moment, même la meilleure corde atteint un état où ses  réserves de sécurité deviennent trop petites. Mais le plus souvent, elle perdra déjà plus tôt suffisamment de son confort de manipulation pour inciter à son élimination. Des sollicitations extrêmes peuvent rendre une corde inutilisable, entièrement ou par endroits. Si les dégâts se limitent à un endroit proche de l'extrémité de la corde, on peut naturellement couper ce bout – il faudra néanmoins songer à ce que le marquage du milieu ne joue dorénavant plus. Afin de décider de l'ampleur de la perte en réserves de sécurité d'une corde, il faut pouvoir juger de la dangerosité des différentes influences.

Lésions chimiques

Les rares ruptures de corde de nos jours – abstraction faite des chutes sur arêtes vives – sont la conséquence de lésions chimiques par des  acides. En particulier, l’acide sulfurique des batteries de voiture attaque les fibres synthétiques de la corde et peut même les dissoudre. Sournoisement, une telle lésion n’est pas perceptible de l’extérieur. La gaine présente des altérations de la couleur à peine visibles, mais l’âme sensée supporter la charge peut être détruite. Pour cette raison, il ne faut jamais entreposer des cordes à proximité de produits chimiques. Le potentiel de lésion des solvants est difficile à évaluer, raison pour laquelle il ne faut jamais marquer le milieu de la corde avec un feutre ou avec des moyens semblables.

Sollicitation par une chute

Les petites chutes en escalade sportive n’altèrent que très peu une corde, elle peut en supporter des centaines. Même des vols de dix ou quinze mètres de haut ne signifient pas forcément la fin d’une corde, sous condition d’un  assurage dynamique correct. Ce qui est décisif pour la sollicitation d’une corde, ce sont le  facteur de chute et la  force de choc. Une longue chute dépassant le facteur 1 qui est stoppée brusquement peut diminuer sensiblement les réserves de sécurité de la corde. Elle sera encore capable de retenir de simples chutes d’escalade sportive, en revanche, elle risque de se rompre lors d’une  sollicitation sur une arête, déjà en présence d’une arête moins vive qu’avec une corde neuve. Il ne faudra alors plus du tout l’utiliser en terrain alpin et dans les sites d’escalade présentant des angles vifs; les grimpeurs particulièrement attentifs à leur sécurité élimineront une corde après une aussi «méchante » chute.

Lésions mécaniques

Les angles rocheux vifs, les chutes de pierre ou un «contact» avec un outil à glace peuvent infliger à la corde une blessure fatale localisée. Si la gaine est abîmée au point de laisser entrevoir l’âme, ou à plus forte raison lorsque des fibres de l’âme sont sectionnées, il faut éliminer la corde. Une prudence particulière s’impose avec une corde à simple, où il n’y a pas de second brin permettant une  redondance.

Conseil pratique: Dans l’exercice de la moulinette sur cascades de glace, il arrive parfois que la corde soit touchée par l’engin à glace; avec une panne en demi-tube la corde peut même être sectionnée. Pour plus de sécurité, on peut s’attacher doublement à la corde: nouer une «queue de vache» de deux mètres que l’on croche dans le harnais avec une autre boucle et un mousqueton à vis. La vieille règle «ne pas marcher sur la corde» reste toujours valable. Cependant, des lésions ne sont à craindre que dans des circonstances particulièrement malheureuses; en revanche par la pression du pas, la saleté risque de pénétrer dans l’âme de la corde et l’endommager.

Abrasion

Le frottement sur le rocher et dans les mousquetons use la gaine sur toute la longueur de la corde. La détérioration est plus rapide dans la mesure où la sollicitation est plus importante et les arêtes plus vives. Les cristaux de granite et de grès usent la gaine plus fortement que le calcaire; le rocher ciselé par l'eau plus vite que les dalles; la sollicitation par le poids du corps lors du  rappel ou du  rappel passif endommage la corde plus fortement que l'escalade en tête ou en second sans traction sur la corde. Un point de repère: le rappel accélère le  vieillissement d'une corde deux à trois fois plus par rapport à l'escalade normale, le rappel passif et la moulinette l'accélère cinq à dix fois plus. Le frottement déchire des petites fibres de la gaine, qui devient plus rugueuse et se couvre de «fourrure». Celle-ci peut gêner le maniement et augmenter l'absorption d'eau par la corde. Au plus tard au moment où la gaine est amincie au point de se déchirer ou de laisser apparaître l'âme par endroit, il faudra remplacer la corde.

Conseil pratique: La sollicitation par frottement dans le point de renvoi est moindre dans le rappel passif en faisant passer la corde dans deux mousquetons. Si le piton de renvoi se trouve derrière un angle rocheux, il devrait être rallongé avec des longues sangles, de sorte que la corde ne doive pas coulisser sur l’angle.

Brûlures de fusion

Les brûlures de fusion représentent un cas extrême de détérioration par le frottement. Elles peuvent se produire avant tout quand une corde frotte contre une autre, par exemple dans le dispositif d'assurage lors du freinage d'une chute extrême, ou quand par erreur deux cordes sont placées dans un seul  renvoi. On reconnaît les traces de fusion aux changements de couleur d'aspect vitreux et translucide ou aux brûlures noirâtres de la gaine. A ces endroits, la corde est un peu plus rigide, plus difficile à manipuler et moins apte au travail. En cas de dommages de fusion plus importants, il faudra éliminer la corde. Lorsque l'on exagère la vitesse du  rappel, le descendeur «huit» peut atteindre une telle température que la corde risque de fondre ponctuellement, en perdant de sa résistance à cet endroit précis. Pour cette raison, une vitesse modérée dans le rappel relève du bon sens. La prudence s’impose dans les sites d’escalade très fréquentés: Si deux cordées ne peuvent pas éviter d’utiliser le même renvoi, les cordes ne doivent en aucun cas être passées dans le même mousqueton, afin d’empêcher qu’une des deux cordes ne fasse fondre l’autre. L’une des deux cordées doit alors aménager un propre renvoi dans le même point fixe, par exemple avec deux dégaines crochées en sens opposé. De même, les cordes venant du bas ne doivent pas se croiser.

Salissures

La saleté des cordes est avant tout un problème pour leur maniement, les rendant plus rigides, plus grasses, plus collantes. Si une corde est extrêmement sale, par exemple par de l’huile, de la graisse ou du goudron, et qu’elle ne redevient pas propre même après un  lavage, son élimination ne sera pas seulement une question d’esthétique. La poussière de granite et de sable se révèlent spécialement dangereuses; les cristaux de quartz peuvent éroder les fibres à l’intérieur de l’âme, diminuant ainsi la résistance de la corde, en particulier si on l’utilise pour des rappels ou rappels passifs. Des irrégularités dans le diamètre de la corde et des endroits ramollis peuvent être un indice pour des dégâts internes de ce genr

Cordes mouillées

Une corde qui se mouille devient plus lourde et perd en maniabilité. Si en plus elle gèle encore, ses performances diminueront également. Les cordes gelées ne tiennent parfois plus que la moitié de  chutes normées par rapport à une corde sèche; et passer par la force des «câbles» complètement gelés dans un dispositif d’assurage relève de la torture. La neige ramollie par le soleil, les intempéries et les zones de ruissellement d’eau en cascade de glace sont des situations où l’humidité risque de geler.

Radiations UV

Les rayons UV du soleil font pâlir les couleurs et accélèrent le vieillissement des cordes. Toutefois, les radiations auxquelles une corde de montagne est exposée par son utilisation ne l’affaiblissent que peu – bien que les fibres perdent leur élasticité, rendant la corde plus rigide. En revanche, les anneaux de rappel et de lunule rencontrées dans les parois, aux couleurs complètement défraîchies, peuvent apparaître bien plus douteuses. Mais même celles-ci peuvent en principe résister aux sollicitations statiques se présentant dans la pratique. Toutefois, la prudence s’impose si ces anneaux présentent des traces de brûlures de fusion.

Vrilles

Les vrilles sont des contorsions dans la corde sous forme de spirales. Une corde avec une forte tendance aux vrilles est peu agréable à manier, et lors du rappel, le danger existe que les brins s’entortillent au point d’empêcher le rappel de la corde. Certaines cordes ont une tendance naturelle plus prononcées que d’autres à former des vrilles; une tendance qui se renforce souvent avec le vieillissement. Mais le plus souvent, les vrilles sont provoquées par des erreurs de manipulation. Rouler une corde en anneau lui imprime forcément des vrilles. Le rappel passif en oblique passant par des angles marqués ou sur un mousqueton qui s’est mis de travers provoque une torsion dans la corde. Une manipulation attentive contribue à conserver une corde agréable à manipuler.

Conseil pratique: Veiller au positionnement libre et sans coudes de la corde, et appliquer si possible exclusivement la méthode du  «Lap Coiling» pour la plier. En travaillant avec le demi-noeud d’amarre, maintenir à tout prix parallèles les brins de la corde! Pour supprimer les vrilles dans une corde, le mieux est de la laisser pendre librement. La faire passer plusieurs fois dans les mains peut aussi aider (faire attention à un passage sans provoquer de torsions). 

Indications de danger

Avertissement urgent concernant des dégaines et mousquetons installés de manière permanente sur les sites d’escalade

Mammut lance un appel urgent pour ne plus utiliser dès maintenant les dégaines et mousquetons installés sur les sites d’escalade et les retirer. Quel que soit le fabricant, ces équipements peuvent, par leur usure, former des arêtes vives et endommager, voire sectionner des cordes, même lors de petites chutes. Un accident mortel en Suisse ainsi que des investigations complémentaires de Mammut ont démontré que ce problème pourtant bien connu est bien plus dramatique que l’on ne l’avait imaginé jusqu’à présent, et qu’il représente un grand risque pour les grimpeurs.  

Au cours de ces dernières années, il est devenu de plus en plus courant d’installer de manière permanente, sur des voies en surplomb de parc d’escalade, toutes les dégaines ou une partie d’entre elles. Cette façon de procéder permet d’une part, de faciliter l’accrochage de corde et d’autre part, d’éviter les complications liées à la récupération des dégaines. 

Lors de la descente du grimpeur, ces dégaines, en fonction de leur position, sont usées par le frottement de la corde selon un angle obtus, et peuvent ainsi former des arêtes vives (voir illustration 1). Les positions suivantes sont particulièrement concernées : 

•le premier point d’assurage (lorsque l’assureur s’éloigne de la paroi pendant la descente de son partenaire) ;

•les points d’assurage sous un surplomb ; 

•les points d’assurage décalés latéralement.

L’usure est renforcée par la présence de saletés ou de sable sur la corde. Des arêtes extrêmement vives se forment sur les mousquetons qui ne sont quasiment jamais sollicités par des chutes et rarement utilisés comme point de retour. Ils ne sont donc jamais « adoucis » (arrondis) et peuvent former une arête coupante comme un couteau. De plus les mousquetons à profil en T ont plus tendance à former des arêtes vives que ceux à profil arrondi. 

Des tests sur le banc de chute normalisé de Mammut effectués sur le mousqueton représenté sur l’illustration 1 ont montré qu’une corde de 9,5 mm avec un poids de 80 kg était sectionnée dès une hauteur de chute de 2,7 m avec un facteur de chute de 1,0. Le mousqueton utilisé ne présentait pourtant pas d’arête extrêmement vive. De plus, des tests antérieurs ont montré que, dans la pratique, le facteur de chute pouvait être nettement plus élevé que la valeur théorique, en raison des frottements sur toute la chaîne d’assurage. Si le mousqueton présente de surcroît une arête très vive, de petites chutes de moins d’un mètre peuvent déjà présenter des risques.

Illustration 1 : mousqueton avec formation d’une arête vive à cause du frottement de la corde.

Mammut a également étudié l’influence du diamètre de la corde sur ces arêtes vives. Il y a là une relation évidente comme le montre le graphique 1 : plus la corde est grosse, plus sa marge de sécurité sur des arêtes vives est importante, et ce dans tous les cas. Les valeurs sont néanmoins critiques et présentent un danger mortel même avec une corde de 10 mm. Les cordes jumelées et les demi-cordes à deux brins offrent la plus grande marge de sécurité. Les cordes usagées (gaine légèrement usée, corde non détériorée) ne présentent pas de valeurs d’entaille plus élevées que les cordes neuves.

Les mousquetons peuvent également former des arêtes vives au point de retour mais, dans ce cas, la corde passe dedans avec un angle aigu, ce qui provoque une usure plutôt arrondie et minimise la formation d’une arête. Néanmoins, ces mousquetons peuvent devenir dangereux si l’épaisseur de matière restante devient trop faible, le mousqueton ne supportant alors plus la charge. 

Dans les salles d’escalade, on utilise la plupart du temps des mousquetons en acier qui s’usent moins vite. De plus, le matériel installé est régulièrement contrôlé. Mammut conseille néanmoins de rester vigilant, de ne pas utiliser de mousquetons usés et d’en rendre compte sans délai au responsable de la salle. 

Le matériel installé de façon permanente sur des voies en plein air n’est généralement pas entretenu ni contrôlé. En raison du vieillissement des anneaux, de la corrosion, etc., il est conseillé d’être très prudent et d’éviter si possible d’utiliser ce matériel. 

 

Normes pour cordes dynamiques

Le diamètre

Le diamètre d’une corde est toujours mesuré sous une charge définie. (Quelques cordes présentes sur le marché s’écartent notablement dans les tests des indications du fabriquant.) Le diamètre de la corde a peu d’influence dans la pratique. Dans le cas de cordes minces, il faudra juste vérifier l’efficacité de certains freins ou bloqueurs avec un contre- assurage. Les cordes plus minces sont agréables, grâce notamment à leur poids normalement inférieur et le frottement qui est nettement réduit.

Le poids au mètre

Les cordes à simple courantes pèsent 60 à 85 grammes par mètre, les cordes à double autour de 50 grammes et les cordes jumelées autour de 45 grammes. Les cordes Mammut de la Challenge Line, traitées par Coating Finish, sont particulièrement légères. La corde à simple Serenity pèse 52 grammes, la corde à double Phoenix 42 grammes et la corde jumelée Twilight 38 grammes. Deux grammes seulement dans le poids au mètre réduisent déjà le poids du sac à dos de 100 grammes avec une corde de 50 mètres – le poids d'une plaque de chocolat ou une économie de passablement de forces.

Le nombre de chutes

Le test de chute fournit l'essentiel de l'intérêt des tests des cordes. Il s'agit de mesurer le nombre de chutes normées que la corde peut supporter. La chute normée avec un facteur de chute de 1.75 représente une sollicitation extrêmement dure qui ne devrait passe produire dans la pratique. Le test est exécuté dans ces conditions afin de garantir une réserve de sécurité. Pour cela, on fait tomber un poids de 80 kg (pour cordes à simple et jumelées) ou de 55 kg (pour cordes à double) dans un seul brin (corde à simple ou à double) ou dans un double brin (corde jumelée). Les cordes à simple et à double doivent supporter au moins 5 chutes normées, les cordes jumelées en double brin au moins 12. Les cordes à simple retenant 5 à 9 chutes normées sont également désignées par cordes à chutes normée, celles avec plus de 9 chutes cordes multi chutes. Le nombre de chutes constitue une mesure directe pour la réserve de sécurité d'une corde. Une corde neuve ne se casse pas lors d'une chute, sous réserve de bonnes conditions et d'une disposition correcte de la corde. Cependant, la capacité de travail d'une corde diminue: le vieillissement et l'abrasion affaiblissent sa résistance, l'humidité et surtout le gel peuvent la réduire de plusieurs chutes normées.

La force de choc

La force de choc est la force maximale résiduelle qui agit sur le corps en chute, lorsque la corde a déjà absorbé par son allongement l’énergie de chute. Elle est la mesure pour la «dureté» de la chute. Au moment de stopper la chute, les cordes avec une grande force de choc provoquent une secousse plus importante sur le corps de la victime et sur la chaîne d’assurage. La force de choc lors du test de chute ne doit pas dépasser 1200 daN pour les cordes à simple et jumelées, pour les cordes à double 800 daN (env. 800 kg). La signification de la force de choc est relativement faible dans la pratique, car elle est mesurée dans la chute normée de façon statique sur la corde à tester, qui est fixée de manière rigide. Dans la réalité en revanche, une chute est presque toujours freinée de manière dynamique: le dispositif d’assurage (HMS, «huit», ATC, etc.) laissant coulisser quelque peu la corde et la fixation sur le point central du harnais produisent un effet dynamique. Une grande partie de l’énergie de chute est absorbée par l’assurage dynamique, diminuant ainsi la force de choc. Des mesures effectuées par Mammut avec des chutes typiques pour l’escalade sportive ont démontré qu’avec l’assurage dynamique les différences de la force de choc entre deux cordes se réduisent à une valeur à peine encore perceptible. L’importance d’un assurage vraiment dynamique est ainsi prouvée.

L'allongement à l'usage

L'allongement à l'usage indique l'élasticité de la corde sous une charge statique. Un bout de corde est soumis à une charge préalable de 5 kg, puis chargé avec 80 kg: l'allongement ne doit pas excéder 10% pour les cordes à simple et jumelées, 1% pour les cordes à double. L'allongement statique à l'usage détermine surtout le confort dans la moulinette ou en hissant des charges («to haul» dans le Bigwall): dans ces exercices, il est agaçant de voir le travail fourni s'évaporer sous forme d'allongement – ou si, ayant maîtrisé un mouvement difficile en moulinette, on s'asseye dans la corde pour se reposer et l'on se retrouve de nouveau en-dessous du passage! Plus important pour la sécurité est l'allongement lors d'une chute (voir ci-après), parce qu'il est un des facteurs déterminant le risque pour la victime de heurter, par exemple, une vire. Dans les grandes lignes, on peut trouver une relation entre les deux valeurs pour l’allongement statique à l’usage et l’allongement dynamique lors d’une chute.

L'allongement lors de la première chute

Ce paramètre mesure l'allongement de la corde lors de la première chute normée. L'allongement maximal acceptable dans ce test est de 40%. Cet allongement dynamique lors d'une chute caractérise mieux le comportement d'une corde dans un freinage que la valeur statique de l'allongement à l'usage. Un allongement plus important augmente le risque de heurter dans la chute des vires ou structures rocheuses semblables. Toutes les cordes Mammut satisfont déjà maintenant aux exigences de la norme EN qui n'a pas encore de valeur juridique. Avec des valeurs de 28 à 32%, elles se situent même loin audessous du maximum accepté de 40%.

Déplacement de la gaine

Pour ce test, un bout de corde de deux mètres de long est tiré cinq fois à travers un appareil de test, un tambour métallique caractérisé par une disposition de la corde décalée en zigzag. Dans celui-ci, gaine et âme sont foulées fortement en va-et-vient. La gaine ne doit pas se déplacer de plus de 20 millimètres lors de ce test. Si gaine et âme se décalent à l’usage, la corde peut présenter des bourrelets et des renflements; si les extrémités ne sont pas soudées proprement, la gaine ou l’âme peuvent dépasser l’un par rapport à l’autre. Les déplacements de la gaine sont presque inexistants dans les cordes de montagne modernes.

Facilité de nouer

Un noeud confectionné sur la main est serré avec 10 daN, puis déchargé à 1 daN. Après quoi, le diamètre intérieur du noeud ne doit pas mesurer plus de 1,1 fois le diamètre de la corde. La facilité de nouer donne une indication sur la rigidité de la corde: le noeud ne peut pas être serré aussi étroitement dans une corde rigide que dans une corde plus souple. Il est aussi possible que le passage au travers du dispositif d'assurage se trouve entravé. La pertinence de cette valeur ne doit toutefois pas être surestimée, car la souplesse d'une corde est aussi déterminée par les soins voués à la corde et les conditions atmosphériques.  

 

 

 

 

 

Normes pour cordes statiques

Corde statique selon EN 1891

La norme européenne définit les exigences applicables aux cordes statiques (cordes à gaine avec allongement réduit).

La norme EN 1891 distingue les types de cordes suivants :

Type A :
Corde à utiliser comme corde de sécurité pour les travaux en hauteur (en combinaison avec les appareils correspondants) et comme corde de sauvetage. Diamètre 10 – 16 mm/Poids d'essai (essai dynamique) 100 kg.

Type B :
Corde de diamètre et de résistance inférieurs au type A. Poids d'essai (essai dynamique) 80 kg. Elle est utilisée le plus souvent avec un dispositif de rappel selon EN 341.

Capacité de charge statique

Corde :
Type A : ≥ 22 kN
Type B : ≥ 18 kN

Terminaison nœud en huit :
Type A : ≥ 15 kN
Type B : ≥ 12 kN

Allongement de la corde avec 150 kg

Tpy A: ≤ 5%
Typ B: ≤ 5%

La force de choc - hauteur de chute 0,6m; facteur de chute 0,3

Typ A: ≥ 5 / 100 kg
Typ B: ≥ 5 / 80 kg

Le nombre de chutes - hauteur de chute 2m; facteur de chute 1

Typ A: ≥ 5 / 100kg
Typ B: ≥ 5 / 80kg

Facilité de nouer 

Typ A: 1,2 D
Typ B: 1,2 D

Déplacement de la gaine

Typ A: ≤ 30mm
Typ B: ≤ 15mm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les exigences des différentes normes

Des normes valables internationalement garantissent que seuls des équipements sûrs peuvent être vendus. Il va sans dire que chacune de nos cordes remplit la norme UE pour les cordes EN 892 et également les normes UIAA, plus sévères, en dépassant même la plupart des exigences des différentes normes. Mais que signifient ces différentes normes et différents sigles? 

EN

Les Euro-Normes sont adaptées spécialement aux produits qu'il s'agit de standardiser. Pour cette raison, ce sigle est toujours accompagné du numéro de la norme (pour les cordes dynamiques EN 892; pour les cordes statiques EN 1891). Les produits arborant le sigle de la norme UE remplissent les exigences de sécurité et doivent avoir réussi le contrôle d'échantillons de fabrication par un office de contrôle notifi

Le label de conformité CE

Ce label est appliqué par le fabricant sous sa propre responsabilité; il ne représente pas une garantie de qualité, mais plutôt une sorte de passeport de voyage pour le produit à l'intérieur de l'UE. Il indique que les normes EN relatives à la sécurité du produit sont respectées et que le produit fait l'objet d'une certification. Le chiffre après le symbole CE définit l'office de certification (par exemple CE 0123 pour TÜV Munich).

UIAA

Ce sigle est attribué à des produits qui remplissent les exigences des normes UIAA. L'UIAA, l'Union Internationale des Associations d'Alpinisme, fait depuis des décennies figure de précurseur et de pionnier dans le développement de normes adaptées à la pratique. Ceci explique pourquoi les normes UIAA sont le plus souvent un peu plus sévères que les normes européennes. Toutes les cordes de Mammut satisfont aux dernières exigences de l'UIAA.

ISO

L'ISO (International Organization for Standardization) réunit sur le plan mondial les organisations nationales établissant des normes. La norme ISO 9001 définit les règles pour le management de la qualité pour tout processus, sans distinction de départements. Elle assure une qualité égale dans la durée des produits et des services. La certification est réalisée par un office externe, par exemple le TÜV.

 

 

 

 

 

Infos : http://www.mammut.ch/